Mardi 28 juillet 2009

[Découvrez d'autres articles philosophiques écrits sous un pseudonyme : Olivier Delagrandedis]



Sources qui m'ont servi de point de départ :


- Robert Antelme, L'espèce humaine
- Hannah Arendt, La banalité du mal
Ajouter à cela : Primo Lévi, Si c'est un homme
Notons en outre toutes les considérations suivantes : LeBon et Freud et la psychologie des foules, Freud et l'inconscient, Asch et le conformisme, Milgram et l'obéissance à l'autorité légitime, Nietzsche et Goffmann et les rôles sociaux, Marx,... En bref, tous ces auteurs qui insistent sur la finitude de l'homme, sur ses limites, notamment au niveau de l'agir.


(Une "Dame de fer"... L'homme a toujours eu de l'imagination pour torturer ses semblables...)



En bref : ce que l'on retient surtout des atrocités que les humains ont commises, grosso modo, ce sont celles qui sont advenues pendant la guerre du milieu du XXe siècle. Dès cette date, on met en avant le fait qu'un homme peut en torturer un autre, physiquement et mentalement, avec le sourire aux lèvres. Parfois même sans haine, parfois sans même savoir pourquoi... Des théories toutes plus pessimistes les unes que les autres voient le jour. La "post-modernité", caractérisée surtout par la mise en cause de la croyance dans le progrès, bat son plein.


Mais des atrocités commises par les hommes, il y en a depuis la nuit des temps (voire davantage auparavant, soutiendraient certains historiens). On regarde des animaux mourir pour le plaisir, on frappe, on viole, on humilie, on égorge, on tue, on lacère, on écartèle, on brûle, on noie, ...
Tout cela, on le fait devant un proche de la victime, qu'on menace, qu'on nargue, qu'on traine dans la boue. L'homme procède au racket, insulte, médit de ses semblables, les rabaisse, ... Au delà de l'égoisme, de la haine et de la colère, l'homme peut commettre tous ces actes sans sourciller, sans même en avoir la volonté, "comme ça". Au delà de son caractère, de ses instabilités, de ses troubles mentaux,...
Il n'a pas besoin de tout cela pour être cruel.


Ce que R. Antelme et H. Arendt pointent surtout, ce sont ces comportements (non seulement violents physiquement, mais aussi mentalement) qui sont advenus pendant la guerre...


Pour Arendt, c'est dû à une sorte de suspension du jugement moral. Elle pense qu'il faut l'appliquer davantage. Néanmoins, des études de psychologie sociale prouvent à quel point, en situation collective, l'homme se décharge de son jugement moral ; lorsque l'on fait une action à plusieurs, la responsabilité se diffuse, pour ne plus peser en réalité sur personne. C'est là que se pose, à mes yeux, le véritable enjeu : comment faire pour que la société dans son ensemble ne favorise pas des situations dans lesquelles personne n'est responsable des comportements violents ? Comment faire pour qu'une population n'ait pas besoin de se réunir pour trouver une sorte de "bouc émissaire" pour ensuite le faire souffrir?


La violence est-elle inévitable, est-elle une pression continue? Peut-on juste espérer la canaliser? Ou peut-on la convertir en quelque chose qui met en avant l'identité, la sécurité, ..? Ou encore, peut-on la réduire?

Par Julien Lecomte - Publié dans : Ethique et philosophie - Communauté : Anthropologie philosophique
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