Cet article concerne principalement les guerres : des milliers de morts, des hommes tués, des femmes violées, des maisons brûlées, des gens aussi. Mais bien entendu, il existe des tas de tortures,
les violences gratuites, ou encore des actes barbares dans la foulée : liées aux guerres ou non, viols, démence des foules, bagarres de groupes, lynchages, humiliations,... Le "simple" fait de
lacher une bombe, de décimer une population, de faire fondre des corps, de séparer des gens qui s'aiment.. Il y a fort à parier que des armes qui aujourd'hui existent, comme la bombe atomique,
seront encore utilisées dans l'histoire...
Tout ça et bien pire, toutes ces choses dont on entend parler au quotidien aux JTs, mais qui sont loin de nous, simplement réduites à des chiffres. On pourrait y ajouter toutes ces choses qu'on
élude, qu'on occulte... Toutes ces choses inquantifiables, aussi, comme la violence verbale, les menaces, la destruction mentale d'un individu...
Tout ça, donc, qui nous semble bien loin, moi j'en ai peur.
Ceux qui me liront trouveront peut-être cela risible, infondé. Alors que moi-même, j'essaie de relativiser dans mon blog le sentiment d'insécurité, me voilà en train de faire une liste des
atrocités humaines. Mais ce qu'on oublie, c'est justement à la fois le coté humain et à la fois le coté arbitraire de ces choses.
Extrêmement fort et incroyablement près est un roman qui permet de mettre un visage humain sur les victimes des absurdités
commises par les hommes. Loin d'être un livre de propagande US, il raconte l'arbitraire vécu des attentats du 11 septembre, mais ne s'en contente pas : il évoque notamment la guerre 40-45 et
ses bombardements, ainsi que les explosions nucléaires, notamment à Hiroshima. Plus concrètement, il raconte la vie d'un enfant dont le père est mort dans les attentats. D'une femme dont la famille
a péri brûlée sous les bombardements. D'un homme qui a perdu sa bien-aimée dans une autre guerre. D'une mère dont le corps meurtri de son enfant a terminé de fondre dans ses bras. Car un acte
inhumain l'est parce qu'il y a
des victimes. Des morts, mais aussi des litres de larmes, de désespoir, d'incompréhension, et ce profond sentiment d'injustice. Le JT nous sépare du ressenti,
nous rend "extérieurs" à la violence que nous "consommons" chaque jour. Mais si vous vous imaginez deux secondes, sous les bombes, votre famille, votre mère, votre enfant ou votre femme à 10 kms de
vous, sans savoir s'il vit encore ou s'il succombe seul dans les débris de sa cachette, ou souillé par un inconnu, alors que ni lui ni vous n'avez rien fait à vos agresseurs, je pense que vous
verriez la situation autrement. Cela, sans compter l'agression à l'environnement, la violence envers les animaux, l'irrespect envers autrui,... Le roman pré-cité permet d'envisager tout cela sous
un angle plus humain... Et aussi, forcément, plus inhumain. Je pense que certaines fictions,
certaines oeuvres artistiques (romans, musiques, poèmes, films, séries TV, et pas nécessairement
de la Littérature Académique, donc il n'est pas question de Balzac, Zola, Maupassant ou Kafka)
peuvent nous mettre en prise avec des faits, avec de la réalité. Souvent plus même qu'un
JT!
Le tout est absurde. En réalité,
tout cela nous semble loin, parce que nous n'avons pas désigné d'ennemi. Mais le problème, c'est que ce n'est pas une victime qui désigne sa proie, mais un
prédateur. L'homme, le plus redoutable des prédateurs. Les juifs ont été désignés, mais ce sont loin d'être les seuls. Les israéliens et palestiniens se sont désignés un jour. Sur le continent
Africain, on ne compte plus (ou on n'a jamais compté? Qui parle de l'Afrique) les cadavres et victimes de violences... Absurde. L'homme tue, l'homme est violent. On condamne les grands chefs
d'états, à raison, mais regardez cet extrait vidéo :
Mussolini annonçant la guerre à la France et à l'Angleterre.
Il y a
certes bien eu Hitler, Mussolini, Staline, mais il y a aussi des millions d'hommes qui les acclament. Des millions d'hommes qui jouissent d'entendre le mot "guerre", de savoir que d'autres hommes
vont mourir. Ces mêmes hommes qui critiquent tout et ne bougent que lorsqu'il est question de mettre tout à feu et à sang...
(La foule acclamant
Mussolini lorsqu'il annonce que l'Italie a déclaré la guerre à la France et l'Angleterre...!)
J'appartiens à la minorité de chanceux qui ne vit pas la guerre, la violence extrême, le meurtre de mes proches sous mes yeux, impuissant. L'Absurdité à l'état pur. L'injustice,
l'incompréhension. Alors oui, c'est digne d'une mauvaise élection de Miss, mais je pense néanmoins que ce n'est pas stupide que de prôner...
La paix.
Parce que visiblement, ce n'est pas si simple ou anodin que ça. Ceux qui se permettent d'en rire devraient se cacher, par respect pour tous ceux, bien plus nombreux, qui ne l'ont pas. Par
respect aussi pour tous ceux qui tentent, à leur échelle, de donner au monde un visage un peu plus humain. Parce que des gens meurent pour la paix. Parce que des gens y travaillent, depuis des
milliers d'années, depuis que l'homme est homme. Une utopie, sans doute. Mais si personne ne crie plus pour couvrir le bruit de l'absurde, alors peut-être continuera-t-il à faire autant de
dégâts.
Donnons du sens, rendons hommage à tous ceux qui se dévouent pour plus de paix, plus d'humanité.
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Notes : quelques références intéressantes...
1. J. Safran Foer,
Extrêmement fort et incroyablement près
2. [Documentaire télévisé]
Apocalypse : la seconde guerre mondiale [
http://www.rtbf.be/apocalypse]
3. Références déjà citées ailleurs dans le blog : H. Arendt concernant le procès Eichmann - Primo Lévi,
Si c'est un homme - Robert Antelme,
L'espèce humaine - ...
4. Références historiques concernant la seconde guerre mondiale sur le site de la RTBF :
http://www.rtbf.be/apocalypse/Bibliographie-liens-utiles