Attention néanmoins : il faut relativiser l'influence des médias. La preuve, c'est que vous vous intéressez à cet article : que vous cherchez un point de vue à distance par rapport aux médias! La plupart du temps, les médias ne changent
pas du tout nos idées. En réalité, il s'agit bien plutôt d'endormir la réflexion. Ainsi, la question du public qui ne change pas ses opinions, qui recherche toujours
la simplicité, est cruciale dans cette réflexion! "Les médias ont le pouvoir qu'on leur prête!"
2. Les médias ont-ils une influence sur les jeunes? La question de la censure...
3. Les solutions
Une meilleure éthique du journalisme, stop à une logique capitaliste qui préfère l'audimat à la vérité et une conscientisation globale : personne n'est neutre, meme si on essaie!
NB : cet article prend beaucoup d'exemples belges, mais cela vaut pour les chaînes françaises et même les autres! Regardez un talk-show de
Ruquier ou le JT. L'illustration ci-dessus montre d'ailleurs que l'idéologie et les stéréotypes ne
concernent pas que la politique, mais aussi le regard qu'on a sur l'autre : la télévision française ne met-elle pas en scène les belges comme des guignols? (et je n'ai pas pris le pire
extrait...)
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- Si on vous place une image sous les yeux, vous êtes plus crédule
- La plupart du temps, une image peut être interprétée ; on peut donc facilement vous manipuler avec celle-ci. Rappelez-vous de l'image de foule utilisée par la RTBF pour nous faire croire que les anversois fétaient la scission de la Belgique ; elle venait de leurs archives...
1. Les médias disent-ils la vérité?
1.1. Les médias nous mentent parfois... (et ceci n'est pas une fiction)
Allons encore plus loin. Quand on regarde le JT, ou qu'on lit un journal, on a souvent l'impression de recevoir la pure Information, comme si
on regardait par une fenêtre et qu'on y voyait le monde entier. C'est pareil pour la radio, et malheureusement, on commence à croire qu'Internet est une bonne source d'information.
Souvenez-vous du coup "génial" de la RTBF : Ces derniers avaient réussi à faire croire à au moins la moitié des wallons que la Belgique allait être scindée. Je trouve que c'est un bien pour un point : il faut apprendre à faire attention à ne pas croire tout ce qu'on lit, qu'on voit ou qu'on entend dans les médias
Je vais prendre l'exemple de la RTBF. Attention, cela ne veut pas dire que ce sont
les seuls à tenter de nous manipuler, bien au contraire. Souvent, on croit que la RTBF est plus "sérieuse" que RTL, tout comme on pourrait croire que France 3 l'est plus que TF1. En réalité, tout
est plus compliqué, et chaque chaîne a d'énormes défauts...
a. La RTBF à propos des USA, Nicolas Sarkozy,...
Lisez bien ceci. Ensuite, vous irez regarder la RTBF. Lorsqu'ils parleront de Sarkozy ou des USA, écoutez bien et vous verrez qu'en réalité, les jugements de valeur sont flagrants (pourtant les journalistes ne devraient ils pas être neutres?)
En effet, le journaliste ne dit pas "il y a eu un conflit entre policiers et manifestants en France" mais "il y a encore eu un conflit..." Ces petits mots sont omniprésents, et ils changent tout. On peut utiliser des synonymes pour parler des mêmes choses, mais certains sont péjoratifs. Ainsi, si on pense qu'une décision est mauvaise, on ne dira pas qu'elle a été prise "à l'initiative de" mais "à cause de"
Ainsi, tous les jours, des petits mots, des petites ironies, des doubles sens, notamment contre les USA et Sarkozy, sont présents à la RTBF. Je ne dis pas qu'il ne faut pas critiquer certaines erreurs que font nos voisins. Néanmoins, il ne faut pas non plus nous manipuler. Je ne dis pas que messieurs Bush ou Sarkozy sont des anges... Mais que certaines "informations" sont en fait truffées de jugements de valeurs, et que ces jugements freinent souvent la réflexion, puisque le spectateur les reçoit comme étant la vérité.
Pourquoi pensez-vous que Nicolas Sarkozy est plus populaire en France qu'en Belgique? Tout simplement parce qu'en France il y a TF1, et qu'en Belgique, il y a la RTBF... Néanmoins, dire cela est peut-être prendre le problème à l'envers : et si TF1 était tel qu'il est justement parce qu'il s'adresse aux français. Idem pour la RTBF. En d'autres termes : et si les chaines ne nous disaient pas tout simplement ce qu'on a envie d'entendre?
b. Les flamands...
Quelle est votre opinion sur eux? Je parie que la plupart d'entre vous vont dire "les flamands, on les aime bien, mais il ne veulent pas de nous" ou encore "c'est vrai qu'ils sont plus travailleurs, mais ils sont assez contre les wallons". D'où cela vient-il? De la RTBF. Il y a en vérité un double discours qui me semble extrêmement hypocrite [en communication, on utilise le terme "polyphonie"] :
- "Nous voulons l'unité de la Belgique, nous aimons le pays" (sous-entendu : nous sommes des gentils, nous n'avons rien contre les flamands)
- "...Mais les flamands, eux, veulent se séparer" (sous-entendu : nous sommes victimes, et plus loin encore : "qu'ils sont méchants, ces flamands séparatistes")
En deux mots, à mes yeux, il y a autant de "haine" chez les wallons que chez les flamands, mais chez nous, elle est plus hypocrite... Et elle vient comme chez eux... des médias. [NB : j'ai écrit ceci avant la crise qui s'est déclenchée en Belgique fin 2007, c'est-à-dire avant ce que j'appellerais le lynchage médiatique d'Yves Leterme... Je pense en bref que les médias sont pour beaucoup dans les multiples échecs connus par les politiciens]
1.3. Le choix de l'info
Vous n'allez pas le croire, mais il y a encore pire!
Résumons :
- On peut vous manipuler en choisissant des images qui endormiront vos éventuelles suspicions, et qui corroboreront ce qui est dit.
- On peut vous manipuler en glissant des jugements de valeurs par petits mots, réflexions ou ironies dans chacun des articles.
C'est déjà pas mal. Sachez qu'il y a encore une étape préliminaire à tout cela, qui fait que ce que vous lisez ou voyez à la télévision n'est jamais de l'information pure et complète.
C'est tout simplement parce que les informations sont triées. Etes vous averti de toutes les lois qui sont publiées au moniteur belge? Bien sûr que non. Par contre, on vous parlera une semaine de Nicolas Sarkozy qui avait l'air saoul, ou de Bush qui a failli s'étouffer avec un bretzel. Vous parle-t-on de tous les viols qui se passent dans votre pays? Non, on étouffe. On parle parfois d'une petite fille que ses riches parents ont réussi à faire médiatiser un maximum, mais on ne parle pas des réseaux pédophiles qui sont à deux clics, chez vous, sur Internet!
En bref, on nous parle
de ce qu'on veut bien nous dire, et comment on veut bien nous le dire. (cf. la théorie de l' "agenda setting")
1.4. Influence?
Il ne faut cependant pas aller trop vite. En fait, votre avis ne va pas tout à fait être influencé par le média. Par exemple, si vous détestez Nicolas Sarkozy,
vous ne serez pas dupes face à Paris Match ou TF1 et vous direz "de toute façon, ce média est manipulé par Sarkozy". Par contre, si un média le critique, vous ne vous poserez pas la question de
savoir s'il est coloré ou non. Ce raisonnement marche dans l'autre sens : ceux qui sont pour Sarkozy ne le seront pas plus à cause du média, mais critiqueront les autres. La preuve est que vous lisez cet article : vous avez un regard déjà distancié par rapport aux médias!
En bref, les médias ne changeraient pas nos idées, nos points de vue, mais souvent, ils offrent de quoi les nourrir et
endorment la réflexion. L'influence n'existe que par rapport à des gens qui n'ont pas d'avis au départ, et ils
sont fort rares. Il faut donc arrêter de dire "de toute façon, les médias, c'est tous des menteurs"... Idem pour ce qui est de la phrase : "les politiciens... tous des pourris"... Car après tout, c'est nous qui contribuons à les rendre ainsi!
En d'autres termes, les médias ne font en général
que renforcer les clivages, les stéréotypes déjà présents en nous. C'est donc aussi notre propre absence d'esprit critique qu'il faut combattre : il est facile de critiquer le média qui défend les points de vue adverses, mais il faut se poser les mêmes questions par rapports
à ceux qui défendent nos propres points de vue! (La théorie du biais de
confirmation illustre d'ailleurs parfaitement cela : lexique du
blog)
POUR RESUMER, si les médias colportent en effet des idéologies, en réalité, ce sont bien souvent des idéologies déjà présentes
dans la société, des prêts-à-penser, des choses qu'on ne remet pas en question tant on les considère comme évidentes. Cela est donc loin de se limiter à une prise de position par rapport au
clivage gauche-droite (car cette position, en général, vous l'adoptez par vous-même une fois pour toutes, et critiquez avec cette oeillère), mais cela concerne tous les modes de pensée de la
société qui les reçoit!
2. La violence et le sexe à la télévision sont-ils dangereux pour nos
enfants?
La Star Academy n'avait pas un concept criticable, Loft Story n'allait pas en soi contre des valeurs... mais aujourd'hui, ce sont des émissions comme l' "île de la tentation" ou "next", où on prône carrément le libertinage sans limite qui passent chaque jour à la télévision. On a critiqué les américains pour leur débauche, mais n'est-on pas en train de suivre leur voie?
On voit du sexe dans les clips, dans les reality shows, dans les émissions de variétés... Partout. Un enfant voit des centaines de meurtres en un an par ce biais. Va-t-on pour autant vers une société plus dépravée et plus violente?
Je ne pense pas. Néanmoins, je pense que l'absence de limites (dans le sens d'un encadrement) est très mauvaise. Les jeunes qui se livrent au sexe dès qu'ils le peuvent, ça peut être critiqué, mais cela peut aussi remettre en cause une morale éventuellement archaïque (?) N'entrons pas dans ce débat. Ce qu'on peut constater, c'est que les filles s'habillent de plus en plus court, dès un âge de plus en plus bas. La télévision n'a-t-elle pas un impact là-dessus?
La question de la violence est bien plus cruciale à mes yeux (bien que le précédent débat soit très important aussi, mais
je ne m'y engage pas) ; en effet, ce n'est pas parce qu'on voit un meurtre à la télévision qu'on ira tuer son voisin. Néanmoins, comme prouvé plus haut, il y a un impact indéniable, et je pense
qu'il faut surveiller cela. Avant, la censure était probablement trop pudibonde, et elle énervait. Elle est clairement un obstacle à la démocratie... Mais maintenant, le manque d'un cadre (éducatif, pourquoi pas?) fait probablement défaut...
3. Les solutions
- Il faut créer une meilleure éthique du journalisme et stopper cette logique capitaliste qui préfère l'audimat et le pouvoir à la vérité, ainsi
que stopper la simplification abusive. Un organe indépendant (différent du CSA) devrait posséder un pouvoir plus élevé, avec la possibilité de soulever un débat démocratique. En effet,
pour le moment, les organes n'ont à peu près aucun pouvoir (si ce n'est faire respecter les temps de publicité et faire taire la discrimination (sans même avoir à argumenter contre elle)). En
bref, on crèe des tabous, mais on ne débat plus, au nom de la sacro-sainte liberté d'expression. Des quasi incitations à la haine ou à la débauche bien masquées et bien ficelées peuvent être
éditées...
- Il faut aussi que chacun prenne conscience que personne n'est neutre, meme si on essaie. Attention, les journalistes ne sont pas tous des manipulateurs, d'ailleurs! C'est parfois l'inconscient qui fait passer des valeurs... C'est donc aussi à nous de ne plus recevoir passivement les informations... Mais de tenter de faire la part des choses avant d'émettre un jugement...
- Pour cela, l'Etat doit intervenir en faisant respecter une meilleure éthique et via l'EDUCATION. Il s'agit de
créer des programmes éducatifs à la critique (concernant l'information, d'où qu'elle vienne) et à la différence entre réel et fiction (pour la violence). En d'autres termes, il faut aider les
gens à recadrer ce qu'ils voient. Cela doit aussi se traduire par des COURS d'éducation
aux médias, dans les écoles.