3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 20:40

Réserves à parler de "la" société

La « société », c’est un peu tout et son contraire. C’est une instance abstraite, qui est partout sans être nulle part. C’est un peu le problème de celle-ci. En général, lorsqu’on présente un lieu commun, on l’énonce sous la forme « la société d’aujourd’hui est telle que… », ou bien encore « les gens dans notre société sont comme ci ou comme ça ». La référence est aussi facile qu’abstraite, et au fond peu rigoureuse. Ce genre de « références » doit mettre la puce à l’oreille du lecteur, doit éveiller son sens critique. Souvent, des ouvrages pseudo-scientifiques citent « de nombreux scientifiques » ou encore «  les scientifiques », de manière générale, pour présenter des pseudos-vérités. Il convient d’en prendre distance, en se demandant réellement d’où viennent les développements qui suivent. Ils sont malheureusement souvent un mélange de clichés, de mauvaises interprétations et de généralisations outrancières.

 

Parler de « la société », tout comme parler « des gens » ou « des scientifiques », c’est passer à côté de distinctions fondamentales, de toute la complexité du monde. Même si il m'arrive également de m'exprimer de cette manière, je crois que l'important est de garder à l’esprit la démarche de « remise en question » d'assertions de ce type. Ainsi, si de tels comportements ne me semblent pas blâmables en tant que tels (si chaque chose devait être explicitée, ce blog ferait mille pages et plus), il convient de ne pas prendre « pour argent comptant » ce que « tous les penseurs » écrivent.

 

Le corps scientifique, tout comme la société ou les gens sont en fait des réalités morcelées, hybrides, complexes, plurielles. C’est avec ces réserves que nous nous permettons de prendre en compte des observations d’ordre général sur « la société », concernant des contextes sociaux qui peuvent favoriser ou au contraire entraver l'exercice d'une liberté critique en regard des relations sociales qui sont en jeu (idéologies, systèmes sociaux, aliénation, etc.). Le tout tâchant de revêtir une attitude humble, ouverte à la critique. Il s'agit bien souvent de tendances sociales, de majorités statistiques : ces discours n'ont pour la plupart pas de prétention à l'universalité, c'est-à-dire d'être une parole qui vaudrait partout et pour tout le monde.

Il est également toujours question d’une ébauche de réflexion.

 

Ces problématiques soulevées dans « la société », dans certaines mentalités, nous développerons en quoi l’homme peut être inhumain (et donc, à l'inverse, authentiquement humain). L’occasion de mettre en évidence une valeur : l’attention (l’ouverture), à soi, à autrui, et aux autres.

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Published by Julien Lecomte - dans Société

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