5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:00

1. En éthique

Primo Lévi - Si c'est un hommeEn regard de la finitude humaine, notamment sur le plan de la liberté et de la moralité, les enjeux éthiques sont gigantesques. Dans la catégorie éthique, je présente cette finitude éthique tout en proposant en résumé une attitude positive, malgré que certains hommes puissent avoir un comportement "inhumain" (qu'on puisse donc douter de l'humanité ; sombrer dans un dogmatisme, un relativisme ou un nihilisme radicaux, etc.), qui remet la relation au centre, c'est-à-dire où chacun se "décentre" pour prêter attention à autrui, et à la relation en elle-même.

Face à l'absurde, on pourrait se demander si l'humanité vaut bien la peine : à quoi bon réfléchir à notre place et à notre action dans le monde ? La réponse est un pari : s'il n'y a qu'une chance, même faible, que nos actes puissent faire qu'il y ait un peu plus de "bien", même infime, alors cela vaut le coup d'essayer, de s'engager...

 

Je distingue les personnes (que j'évite de réifier, de réduire à une étiquette) de leurs actes, et ensuite je prône pour porter une attention particulière aux relations et non seulement aux individus. C'est une vision existentialiste modérée, que j'adopte également par rapport à l'intelligence : si l'homme peut être bon ou mauvais en puissance, c'est bien par ses actes, ses comportements, qu'il se choisit.

 

Comme Arendt par rapport à la "banalité du mal", je propose en conséquence une sorte d'éthique "simple", "du quotidien", pour la "paix", dans la mesure où il est question d'exercer son jugement moral, de déployer une attention (à soi-même, à autrui, au monde). Rien n'est jamais acquis, un homme n'est jamais "blanc" ou "noir" une fois pour toutes et rien n'est simpliste : il convient d'être conscient de ces limites, de la finitude humaine, mais également de l'engagement par rapport la possibilité de la transcender.

 

A la fois, cet engagement face à "l'absurdité", à la possibilité du mal, vaut aussi à plus grande échelle (cf. réflexions de Hans Jonas ou encore sur les guerres en général).

 

Ethique et anthropologie philosophique

 

 

2. En épistémologie

La recherche d'une attitude humble face aux croyances et à la "connaissance". La "vérité" est quelque chose de complexe, duquel on peut douter (de manière très légitime : paradoxes, limites des sciences "exactes", etc.).

 

Je tâche de trouver ici des voies enrichies entre les positions extrêmes et simplistes (dogmatisme, relativisme...) en défendant un engagement nuancé. J'adopte la métaphore des "points de vue" : chaque connaissance, chaque croyance a une zone de pertinence (elle fait voir quelque chose de la réalité), un domaine de signification, mais aussi des limites, qui sont en réalité sa partie "occulte", sa part de "rejet" (choses qu'elle empêche de voir). En ce sens, ce n'est pas certaines croyances qu'il faut "rejeter", mais justement leur part de rejet, d'occultation d'un enrichissement.

 

C'est donc une sorte de perspectivisme et de constructivisme modérés : à la fois, on admet la finitude (cognitive) de la raison humaine, le fait qu'elle est limitée et que la réalité est perçue et construite par cette raison, et à la fois on ne rejette pas pour autant tout ce qui relève de la raison (la science, notamment). En d'autres termes, d'accord pour dire que la réalité que nous percevons est une réalité construite (par cette perception, justement), mais pas d'accord pour en inférer qu'il faille ne plus faire confiance à nos perceptions, à la science, etc. Il convient par contre d'être très humble vis-à-vis des croyances qu'elles supposent. En ce sens, c'est également un point de vue relevant du pragmatisme. Ce pragmatisme invite aussi à réfléchir la connaissance comme liée (voire subordonnée, dans une certaine mesure) à l'action humaine, et donc à l'éthique.

 

Je prône dès lors une sorte de processus dialectique hégélien comme attitude à adopter (il est question d'une lecture personnelle d'Hegel) : la personne en quête de "vérité" (ici située, relative à une "zone de pertinence", et non "absolue" comme la présente Hegel) tâche de s'ouvrir humblement à la différence, à l'altérité, afin de transcender son point de vue initial, de l'enrichir. C'est cette démarche dialectique, dynamique, d'accueil de ce qui apparait comme "contraire" qu'il me semble intéressant de développer, afin d'engendrer un point de vue complexe sur la réalité. J'essaie donc de réhabiliter la complexité et la diversité.

 

Cela implique une sorte d'éthique de la discussion, du dialogue. Ce n'est pas pour rien à mon sens que Umberto Eco parle de coopération interprétative entre un lecteur d'un texte et son producteur, tandis que Paul Grice identifie ce même principe de coopération comme fondamental dans la communication, la conversation. Au niveau d'une éthique de la communication et en lien avec les questions épistémologiques, cela implique un respect de cette coopération (parfois difficile, lorsque la discussion est métaphoriquement associée à la guerre).

 

Ainsi, quelqu'un qui fait preuve d'intelligence (une faculté qui n'est pas un acquis une fois pour toutes), selon moi, c'est quelqu'un qui manifeste un comportement d'ouverture par rapport à une certaine "critique" et qui lui aussi "critique", d'une critique constructive (c'est-à-dire à des jugements différents, qui ne se contentent pas de "détruire" ou d'éviter tout engagement selon une pseudo-neutralité). L'ignorance en soi est omniprésente (on ne peut savoir tout sur tout), mais elle n'est pas un mal. Elle est nuisible lorsqu'elle est couplée à une attitude suffisante ou coercitive. Un enjeu (présent, je l'espère, dans tout ce blog) est de faire droit à la complexité, à la nuance : ce qui n'est pas évident pour une personne ne l'est pas dans l'absolu...

 

Vérité et épistémologie

 

 

3. Société

Catégorie orientée principalement vers d'une part la "dénonciation" de certaines parties du système qui paralysent l'action ou la gangrènent (aliénation, dynamiques sociales d'exclusion, idéologies identitaires et communautarismes...), et d'autre part pour la facilitation d'une attitude altruiste, d'ouverture, ce qui rejoint les questions éthiques et épistémologiques du blog.

 

Société

 

 

4. Médias

Une de mes thèses est que la critique "traditionnelle" des médias et de leur fonctionnement est d'autant plus riche qu'elle s'accompagne d'une attitude de remise en question des rapports individuels et sociaux que nous entretenons avec eux (cf. mon ouvrage, paru en 2012). Autrement dit, analyser les médias, c'est aussi analyser les croyances, les attitudes et les interactions qui y sont liées. Il s'agit de faire la part des choses entre les idées reçues ou les positions orientées et les méthodes pour développer une compréhension des phénomènes médiatiques et de leurs enjeux.

 

Médias

 

 

5. Enseignement

 Calvin et Hobbes - Nonsens (Watterson)

(Watterson)

 

Pour davantage de philosophie (de "questions de sens") / éthique / morale (mais pas "à la française") et d'étude critique des médias dans l'éducation (pas nécessairement en tant que cursus autonomes). Je ne pense pas qu'un cours de philosophie et encore moins d'éducation aux médias doivent être des "fins en soi", mais bien des balises pour développer un agir humain (citoyen?) harmonieux et toutefois critique.

D'ailleurs, comme le remarque Renee Hobbs, 'les attitudes et croyances des enseignants vis à vis des médias (love/hate...) influent profondément l'EAM [éducation aux médias, ndlr]". Pour elle, l'"analyse des médias: d'abord se pencher sur ses préjugés et sa vision du monde. EAM = propagande ?". De toute évidence, de tels cursus, qu'il s'agisse de l'éducation aux médias, de la philosophie ou de l'éducation en général, doivent être réflexifs, c'est-à-dire s'interroger eux-mêmes... On loupe évidemment le coche si l'éducation à une thématique est un prétexte pour remplacer les idées reçues des apprenants par celles des enseignants !

Je suis pour le fait de parler de religion[s], de culture[s] et de philosophie[s] à toutes les orientations philosophiques, afin d'ouvrir chacun à une connaissance d'autrui (ouverture au pluralisme, face aux identitarismes, notamment).

Ma vision concernant l'éducation (mais aussi, en général dans ce blog) se veut contre les discours simplistes. Ainsi, j'aborde des idées reçues et me livre à diverses analyses de questions actuelles : bac à la française, évolution du "système d'aujourd'hui", travaux de groupes, etc. Le tout, dans l'idée d'essayer de "faire sens".

 

Enseignement

 

Pour mettre des auteurs et des concepts sur les différents cheminements présentés, rendez-vous sur la page Lexique, auteurs et concepts.

Partager cet article

Published by Julien Lecomte - dans Présentation

Rechercher

Twitter

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog